Doit-on payer pour un concours littéraire ?

Posted By: LEO Admin In: Concours littéraires On: vendredi, mai 8, 2015 Comment: 0 Hit: 4923

Alors payer ou ne pas payer ? IPagination Editions livre son avis mûrement réfléchi sur la question.

Dès ses débuts, iPagination a souhaité proposer une alternative au sein d’un marché très lucratif que représentent les auteurs sur la place littéraire, marché qui se construit aux dépends de la passion et de l’espoir de ces derniers qui aimeraient bien obtenir la reconnaissance de leur travail. iPagination est gérée à 100 % par des auteurs qui connaissent bien ces excès dont ils ont été, dans le passé, trop naïvement sujets. Rappelons ici qu’iPagination se positionne à la fois en tant qu’auteur, lecteur et éditeur et qu’à ce titre, elle est à même de défendre les différents points de vue. En tout état de cause, le résultat est similaire : le sentiment et quel que soit le cas de figure, d’être pris couramment pour une vache à lait. Et si chacun se mettait à la place de l’autre ?

L’auteur n’est pas une vache à lait  :

Un peu d’orgueil dans un monde de marchands de tapis : les auteurs ne sont pas des vaches à lait ! Il est inconcevable à notre sens de payer pour être lu, de payer pour être mis en relation avec d’autres auteurs ou lecteurs, de payer pour recevoir des commentaires avisés, de payer encore pour attacher à ses textes une clé de protection numérique prouvant leur antériorité, même si rappelons-le la protection n’est pas totale. Le « payer toujours plus » se situe aux antipodes de toute dignité d’auteur telle que nous la vivons nous-mêmes en tant qu’auteurs. Les trop nombreux concours qui n’offrent aucun travail d’Edition en aval ouvrent la voie à une édition à compte d’auteur déguisée : pas de corrections dignes de ce nom, aucune promotion à la sortie de l’ouvrage, etc. Les offres payantes non justifiées pullulent sur Internet et de multiples auteurs se font prendre dans les filets de l’illusion… Non, les auteurs ne sont pas des vaches à lait, qu’il convient de piller sans aucune vergogne, alors qu’il fournit déjà la matière première. Sur iPagination.com, nous prônons l’égalité des chances et le respect de l’intégrité, de la protection des œuvres pour toutes et tous, qu’importe sa position sociale, la nature de sa devise, que l’on soit même détenteur ou non d’un compte en banque ! Ecrire est et doit demeurer gratuit !

Le lecteur n’est pas une vache à lait :

Alors qu’auteurs et lecteurs affirment volontiers que ce lien magique s’assimile à une fusion, nous avons souhaité, sur iPagination, aller dans ce sens, et faire payer nos concours qui mènent à l’édition.

Si l’auteur n’est pas une vache à lait, il est impératif qu’il comprenne également que le lecteur n’en est pas une non plus. Si payer le prix d’un eBook est trop cher, si l’auteur juge une telle pratique anormale, alors pourquoi le lecteur devrait-il payer pour lire ?  Qu’est-ce qui justifie le concept même d’Édition alors que les auteurs ont désormais la possibilité de s’autoéditer et le lecteur de lire gratuitement notamment sur ipagination.com ? Voilà l’importance du rôle de l’éditeur : faire converger des auteurs de qualité et des lecteurs exigeants.

C’est pourquoi, en contrepartie des « frais d’inscription », iPagination Editions invite l’auteur publié à se projeter dans l’achat de son propre livre comme le fera le lecteur. Une façon de prendre conscience que le concours n’est pas une simple mise en avant d’un texte mais bel et bien une œuvre qui va être proposée à des lecteurs contre participation financière. Procéder symboliquement à cette acquisition, c’est acter sa démarche d’auteur professionnel et non plus d’amateur.

Pour le lecteur, payer pour lire doit s’accompagner de l’assurance d’avoir dans les œuvres acquises un réel travail de fond proposé !

L’éditeur n’est pas une vache à lait :

L’édition coûte cher. Une maison d’édition à compte d’éditeur sérieuse ne prend ni les auteurs ni les lecteurs pour des vaches à lait. Il est facile d’imaginer tout le poids financier qui repose alors sur ses épaules. De ce fait, il est important de respecter l’éditeur à qui l’on s’adresse car un éditeur n’est pas un copain qui accepte de lire les premiers jets. Il est donc inconcevable que l’auteur n’engage pas à ce niveau-là des textes d’une qualité très supérieure à sa production habituelle.

Accepter de payer un concours qui mène à l’édition, même de façon symbolique, c’est prendre conscience du coût du travail qui va être réalisé. C’est aussi, comme le ferait un patient avec son thérapeute, marquer sa volonté de passer un cap en se positionnant comme premier acteur de cette mue qui va très probablement  s’opérer. Ainsi, on y réfléchit à deux fois avant d’engager le temps d’autrui, à sa propre cause… Editer des auteurs, ce n’est pas tolérer d’être sa bonne à tout faire, rien n’est dû !

Alors payer ou ne pas payer ?

Payer ou ne pas payer, telle n’est pas la question fondamentale. Par contre, chaque acteur de cette chaîne de l’édition, depuis l’auteur jusqu’au lecteur, doit prendre le temps d’analyser les pratiques, de ne pas se laisser berner par qui que ce soit ni de rester sur des postures réactionnaires qui ne servent à rien. La grande ambition du projet collectif étant de bénéficier d’une édition francophone en bonne santé. L’auteur, l’éditeur et le lecteur ne sont pas des vaches à lait, qu’on se le dise…

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